Accréditations de recherche

Jusqu’à présent, l’accomplissement des pays en termes de droits humains n’a pas été mesurée de façon complète. L’Initiative pour la Mesure des Droits Humains (HRMI, prononcé EURMI) comble cette lacune grâce à une recherche et une analyse solidement conçues.

La HRMI représente une communauté internationale et indépendante, financée par des subventions et des donations.

La HRMI n’est pas une organisation de défense. Elle a pour but d’amplifier la voix des défenseurs des droits humains en fournissant à la société civile, aux chercheurs et aux états des données fiables, comparables et représentatives sur les droits humains entre les pays, dans le but d’améliorer la vie des populations partout sur la planète.

Certains procédés de conception collective sont essentiels dans la méthodologie de la HRMI pour garantir que nos données prennent en compte précisément l’expérience des praticiens en droits humains et rejoignent les standards de haut niveau des universitaires.

De quelle manière ces données seront-elles utiles ?

La HRMI comble une lacune dans la prise de mesure des accomplissements des pays en matière de droits humains grâce à des données fiables, comparables et représentatives entre les pays. Ces données sont utiles dans plusieurs domaines :

  • La société civile peut utiliser les données de la HRMI dans des comptes-rendus et des plaidoyers, particulièrement pour mettre en évidence des tendances au fil du temps, des domaines spécifiques à améliorer et des comparaisons entre nations paires.
  • Les journalistes et les observateurs des droits humains peuvent utiliser ces données comme des chiffres contextuels à des fins d’études de cas et de témoignages sur une population en particulier.
  • Les gouvernements peuvent utiliser ces données dans des négociations avec d’autres pays, notamment dans le domaine du commerce, de l’assistance et du développement.
  • Les entreprises peuvent utiliser ces données pour déterminer la façon de gérer les flux directs de capitaux.

Qui réalise la recherche et les analyses ?

La chef du département en droits économiques et sociaux : Dre Susan Randolph

Dre Susan Randolph est cofondatrice de la HRMI et elle dirige le service des droits économiques et sociaux. Susan est économiste en développement, codirectrice de l’« Economic and Social Rights Empowerment Initiative » et professeure associée émérite en économie à l’Université du Connecticut.

Son livre, « Fulfilling Social and Economics Rights » (Répondre aux droits économiques et sociaux), coécrit avec Sakiko Fukuda-Parr et Terra Lawson-Remer (Oxford University Press, 2015), qui décrit la méthodologie de la HRMI actuellement utilisée, a remporté le prix annuel du meilleur livre de 2016 de l’« American Political Science Association » (l’Association des sciences politiques américaines), section des droits humains. En 2019, les trois auteurs ont remporté le prix Grawemeyer « Ideas Improving World Order » (Idées pour améliorer l’ordre de la planète).

Susan a un Ph. D en économie de l’Université Cornell. Son curriculum vitæ complet est disponible ici.

Le chef du département des Droits civils et politiques : Dr K Chad Clay

Cofondateur de la HRMI, le Dr K Chad Clay dirige la conception et le développement de nos mesures concernant les droits civils et politiques. Chad est un scientifique politique qui effectue des recherches et enseigne sur les droits humains, les relations internationales et l’économie politique à l’école des Affaires publiques et internationales de l’Université de Géorgie où il est directeur du « Center for the Study of Global Issues » (GLOBIS).

Chad a publié dans des journaux de premier plan et a plus de dix ans d’expérience dans le domaine de l’évaluation des droits humains, tout en étant codirecteur du projet de données CIRI sur les droits humains (maintenant archivé).

En 2012, Chad a obtenu un Ph. D. en sciences politiques de l’Université de Binghamton. Son curriculum vitae complet est disponible ici.

Participants à la conception collective

La HRMI utilise un procédé de conception collective pour garantir que les expériences de tous les praticiens en droits humains à travers le monde sont prises en compte dans la présentation des méthodologies et des données. Chaque étape de l’initiative a été conçue de façon collective par une grande diversité de participants lors d’ateliers internationaux et elles ont été minutieusement testées selon de nombreux paramètres. Plusieurs organisations de la société civile ont envoyé leur personnel à ces ateliers et leur expertise a contribué au développement des méthodologies de la HRMI.

Par conséquent, nos résultats ont été largement acceptés par les praticiens et les communautés universitaires.

Siège social en Nouvelle-Zélande

L’Initiative pour la mesure des droits humains est un collectif international de praticiens et d’universitaires spécialisés en droits humains. Ce collectif est basé au Centre de recherche sur les politiques publique et économique de l’organisation MOTU  situé à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Ce centre est l’un des dix plus importants centres d’étude et de recherche économiques au monde, et l’un des dix plus importants spécialisés en changements climatiques.

La cofondatrice et cheffe au développement de la HRMI, Anne-Marie Brook, est membre associée en politique de l’organisation MOTU et membre associée de la Fondation Edmund Hillary.

La HRMI dispose également d’une base opérationnelle au sein du GLOBIS, le Centre d’étude des problèmes mondiaux (Center for the Study of Global Issues) de l’université de Géorgie, aux États-Unis.

Indépendance de nos bailleurs de fonds

La HRMI a pris de fermes engagements en matière d’indépendance. Elle exige l’acceptation d’une clause en la matière pour tous ses contrats de financement. La liste complète des bailleurs de fonds est dévoilée sur le site web de la HRMI.

Données de la HRMI relatives aux droits économiques et sociaux

Le caractère unique et l’importance des données de la HRMI relatives aux droits économiques et sociaux résident dans la méthodologie de l’index SERF (Index de la réalisation des droits économiques et sociaux), développée par Susan Randolph et ses collègues Sakiko Fukuda-Parr et Terra Lawson-Remer. L’Index SERF compare l’accomplissement d’un pays selon des indicateurs clés avec le niveau d’accomplissement réalisé dans le même domaine par d’autres pays d’un même niveau de revenus. La HRMI peut ainsi mesurer le niveau d’utilisation des ressources par un pays en vue de la réalisation progressive des droits de ses habitants.

Cette méthodologie a été soigneusement révisée entre pairs pendant de nombreuses années. Ses créateurs ont reçu deux distinctions prestigieuses : le prix du meilleur ouvrage décerné par la section Droits Humains de l’American Political Science Association en 2016, ainsi que la récompense Grawemeyer des idées qui améliorent l’ordre mondial.

Ainsi que le livre primé « Fulfilling Social and Economic Rights», voici deux articles publiés au sujet de cette méthodologie dans des revues avec comité de lecture :

« Economic and Social Rights Fulfillment Index: Country Scores and Rankings», Susan Randolph, Sakiko Fukuda-Parr et Terra Lawson-Remer, dans le Journal of Human Rights, volume 9, n° 3 (2010), pp. 230-61.

« Measuring the Progressive Realization of Human Rights Obligations: An Index of Economic and Social Rights Fulfillment», Sakiko Fukuda-Parr, Terra Lawson-Remer, et Susan Randolph, dans le Journal of Human Rights, vol. 8, n° 3 (2009), pp. 195-221.

Au sujet des droits économiques et sociaux, la HRMI a publié des données sur 10 ans, couvrant jusqu’à 195 pays selon le droit abordé. Les graphiques des tendances temporelles sont disponibles sur le site web consacré aux données de l’Initiative pour la mesure des droits humains.

Pour les pays qui font partie de notre collecte de données sur les droits civils et politiques, les groupes dont les droits économiques et sociaux sont à risques y sont aussi répertoriés.

Données de la HRMI sur les droits civils et politiques

Les violations de droits civils et politiques tendent à être masqués et sous-estimés. Pour aborder ces problèmes, la HRMI recueille certains renseignements à l’aide d’une enquête réalisée auprès d’experts plurilingues. Ces praticiens en droits humains, provenant de chaque pays, sont sollicités pour donner leur opinion sur une série de questions liées aux droits humains. La HRMI utilise ensuite ces données pour effectuer des mesures qui comprennent un plus grand nombre de renseignements que ce qui était disponible auparavant, notamment sur les violations liées aux droits humains qui ne sont pas signalées en public.

Une des forces de cette approche est l’accès qu’elle offre à des informations provenant d’organisations internationales, régionales, nationales et locales, ce qui nous donne un bassin diversifié de perspectives. Une autre force réside dans l’utilisation de techniques statistiques avancées pour combiner les interventions et garantir leur comparabilité. Cela génère des données en matière de droits civils et politiques qui sont comparables entre pays, ainsi que des informations transparentes sur des incertitudes statistiques sous la forme de marges d’incertitude entourant nos mesures.

La méthode de la HRMI recueille aussi des renseignements sur les populations qui sont particulièrement à risque de chaque type d’abus dans un pays, et des informations quantitatives sur les interventions pour donner d’autres détails sur le contexte entourant les violations dans chaque pays.

La HRMI procède annuellement à une enquête réalisée auprès d’experts pour étendre sa couverture à un plus grand nombre de pays. En 2020, la HRMI prévoit de couvrir plus de 30 pays.

Cette méthodologie de classe mondiale a été soulignée dans un article d’une revue à comité de lecture, le «Journal of Human Rights», et dans un autre préparé pour le «Journal of Peace Research» :

«Human rights data for everyone: Introducing the Human Rights Measurement Initiative (HRMI)», Anne-Marie Brook, K Chad Clay et Susan Randolph, dans le« Journal of Human Rights », volume 19, no 3 (2020), pp. 67-82, offert en téléchargement gratuit de format PDF .

Méthodologie en matière de droits civils et politiques : foire aux questions

Pourquoi la HRMI utilise-t-elle une enquête pour recueillir des données sur les droits civils et politiques ?

Pour la majorité des mesures que possède la HRMI en matière de droits civils et politiques, aucune donnée actuellement recueillie n’est suffisamment objective, fiable et comparable entre pays.

Ces violations aux droits ont tendance à survenir à l’abri des regards. Les gouvernements sont souvent en position d’être au fait de ces violations, mais ils se trouvent en conflit d’intérêts lorsque vient le temps de publier des données précises sur ces violations.

Les meilleures sources d’informations sont les experts en droits humains, ceux qui quotidiennement portent leur attention aux violations des droits dans un pays : les observateurs en matière de droits humains pour des ONG locales ou internationales, les journalistes ou les avocats en matière de droits humains. C’est auprès de ces personnes que sont réalisées les enquêtes de la HRMI.

Des recherches exhaustives nous ont confirmé que ces personnes sont des informateurs fiables (Hill, Moore et Mukherjee, 2013).

Une méthodologie d’enquête réalisée auprès d’experts, telle que celle qu’utilise la HRMI, exige au moins trois répondants experts. Cela ressemble un peu à la réunion d’un panel d’experts pour conseiller le ministère d’un gouvernement.

La HRMI établit qu’au moins cinq répondants par pays sont nécessaires. Nous ne publions aucune donnée pour un pays si ce nombre est plus faible. En 2019, chaque pays comportait entre 6 et 19 experts, ce qui donne une moyenne de 11.

Pour chaque pays qui a participé en deux occasions, le nombre de participants augmente la deuxième année.

Qui sont les « experts » des enquêtes de la HRMI ?

En 2019, nous avons recueilli des données sur l’expertise que possédaient nos participants. Nos participants pouvaient choisir une ou plusieurs options parmi les quatre suivantes :

L’enquête demande aussi de spécifier dans quel domaine des droits humains les participants concentrent leur travail. Le nombre moyen d’options que ces personnes choisissaient était de 5,2.

 

Existe-t-il un risque de biais ?

La littérature universitaire démontre que les défenseurs et les observateurs des droits humains n’ont pas tendance à signaler de façon excessive des violations aux droits humains (Hill, Moore et Mukherjee, 2013).

Les questions posées dans l’enquête de la HRMI ne demandent aucun jugement de valeur. Elles concernent plutôt la fréquence des violations en matière de droits humains telles que définies par les lois internationales.

Vous trouverez ci-dessous un exemple tiré de l’enquête de 2020 :

De plus, l’utilisation de vignettes d’ancrage (comme ci-dessous) permet de prendre en compte la sensibilité des différents répondants aux abus.

De quelle manière la HRMI s’assure-t-elle que les résultats sont comparables entre pays et entre participants ?

L’une des meilleures raisons de choisir une méthode d’enquête réalisée auprès d’experts est que les résultats peuvent être comparés entre pays et dans le temps.

L’enquête de la HRMI comprend plusieurs éléments qui permettent ces comparaisons.

L’un des éléments importants est l’intégration de vignettes d’ancrage. En plus de répondre à des questions sur la fréquence des violations en matière de droits humains dans un pays précis dont ils sont experts, les participants doivent répondre à des questions qui concernent trois pays fictifs et répondre à des questions sur exactement la même échelle. Les vignettes fournissent une courte description des violations de droits qui sont survenues dans ces pays fictifs. Un des pays fictifs serait identifié par plusieurs violations sévères, un autre n’aurait presque aucune violation, et le dernier se situerait au milieu.

Les réponses de ces participants, à propos des pays fictifs, nous permettent de situer ces participants sur leur échelle personnelle. Certaines personnes n’aiment pas utiliser les extrémités de l’échelle et leurs réponses se situent au milieu. Aussi, si elles classent près du milieu nos pays fictifs qui ont un niveau d’accomplissement élevé, nous pouvons utiliser des méthodes statistiques pour étirer leurs autres réponses et les rendre comparables aux réponses des autres répondants.

De quelle manière les participants à l’enquête sont-ils recrutés ?

La HRMI combine une méthode en boule de neige, des recommandations provenant d’organisations partenaires de confiance et des ambassadeurs locaux pour s’assurer qu’un groupe d’experts compétents contribue à la collecte de données.

Dans chaque pays, un praticien en droits humains local sert d’ambassadeur de la HRMI et aide à recruter des experts en droits humains. Les répondants doivent être des avocats en droits humains, des journalistes, des chercheurs en droits humains qui travaillent pour une ONG locale ou internationale, ou qui travaillent pour un institut local des droits humains si l’Institution nationale de la défense des droits humains a une cote A. Les ambassadeurs doivent aussi s’assurer de choisir une variété de champs d’expertise différents, en matière de région géographique (dans des pays plus vastes) et de type de spécialités en matière de droits humains.

Dans chaque pays, les premières personnes invitées à participer sont l’ambassadeur et les autres partenaires de confiance, des personnes travaillant pour des ONG respectées, telles qu’Amnesty international et Human Rights Watch. Chaque participant à l’enquête est ensuite invité à recommander d’autres participants qui répondent aux critères… ainsi grossit la boule de neige.

Les données sur les droits civils et politiques sont-elles utiles avant d’obtenir une couverture internationale complète ?

En 2019, la HRMI a mis en œuvre l’enquête réalisée auprès d’experts de 19 pays. En 2020, l’enquête couvrira plus de 30 pays. Grâce à un financement en croissance, le reste de la planète pourrait être couverte au cours des 2 à 3 années suivantes.

Même si moins de la moitié du globe est couverte, les données disponibles de chaque pays sont utiles de différentes façons.

Chaque pays inclus dans l’enquête obtient un score sur un maximum de 13 droits humains (y compris jusqu’à 5 droits économiques et sociaux). Ces scores peuvent être surveillés au fil du temps, grâce à l’enquête qui se répète chaque année.

Ces scores peuvent être présentés dans un plaidoyer en faveur des droits humains et dans le domaine journalistique comme l’une des rares données quantitatives disponibles qui démontre la progression d’un pays à répondre aux droits humains de sa population. Notre site Web ici et ci-dessous présente quelques exemples d’organisations médiatiques qui utilisent les données de la HRMI pour étoffer des articles.

Pour chaque droit, la HRMI signale aussi quels groupes de personnes sont particulièrement susceptibles de violations de leurs droits. Ces perspectives peuvent générer de nouveaux témoignages et soutenir les plaidoyers de ces personnes ou ceux faits en leur nom.

Voici quelques exemples de nouveaux témoignages fondés sur des données de la HRMI :

Dans cet article écrit par Lauren Wolfe et publié sur la première page de leur site Web, Vox a présenté certaines données de 2019, recueillies par la HRMI, qui dépeignent les droits humains aux États-Unis.

Bhrikuti Rai a rapporté les menaces à la liberté civile au Népal dans le Kathmandu Post. Ses données provenaient de la HRMI.

Michael Taylor a rédigé cet article pour la Fondation Thomson Reuters à propos du score des États-Unis et certaines autres conclusions provenant de nos données de 2019.

En Nouvelle-Zélande, pour le fleuron de la chaîne TVNZ One News, Katie Bradford a déposé ce rapport sur les droits humains en Nouvelle-Zélande, qui comprenait des personnalités publiques, notamment le ministre de la Justice et le commissaire en chef des droits humains, qui ont répondu devant la caméra aux conclusions de la HRMI.

L’émission Pacific Beat de la chaîne ABC a rapporté les scores accordés par la HRMI pour Fidji, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. La couverture démarre à 9 minutes.

Dernière mise à jour en février 2020

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